LA GUERRE 1914-1918

LE DEBUT DE LA GUERRE

En août 1914, c'est la mobilisation générale : des affiches de mobilisation sont apposées sur les murs des villes et villages.

Le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France. Les jours suivants c'est le passage incessant des troupes anglaises vers la Belgique.

Le dimanche 16 août la population se presse en direction de la route de Péronne, vers la Chaussée Brunehaut pour voir passer les camions anglais qui montent sur le front.

A partir du 24 août, les populations de Belgique et du nord de la France évacuent et traversent la région. Le 25 août, les troupes qui sont passées le matin repassent le soir, ce qui ne prête guère à l'optimisme.

Une instruction du commandant en chef fixe l'armée britannique à l'ouest de la ligne Le Cateau-Vermand-Nesle; La 5ème armée française aura le gros de ses forces dans la région de Vermand.

Le 28 août, les allemands sont annoncés  au nord est de Vermand; ils entrent dans la ville ; la population s'enfuit mais revient les jours suivants. Les soldats occupent l'église et se conduisent en vandales et sacrilèges.

A la fin août, les troupes françaises installées à Mons en Chaussée font face à une avant garde allemande à Bouvincourt. Les batteries qui ouvrent le feu, provoquent l'exode des habitants. Les troupes françaises évacuent également.

Les troupes allemandes venant de Péronne traversent Athies et réquisitionnent les hommes pour leur servir de guide : les habitants réintègrent leurs maisons qu'ils trouvent pillées et les caves vidées.

Courant Septembre, un groupes de uhlans - cavaliers allemands -  arrivant de Guizancourt-Quivières malmène et blesse une famille. Tour à tour des groupes de cavaliers français et allemands traversent le village d'Athies. Le 27 septembre, des prisonniers français sont enfermés dans l'église d'Athies. Le front va se stabiliser à l'ouest de Péronne.

Dés octobre 1914 une Kommandantur s'installe à Athies et réquisitionne sucre, charbon, vins etc.  Les pillages touchent tous les villages. Les villageois sont mis à contribution pour fournir, lait, beure, œufs, légumes... Les forêts autour de Caulaincourt et Holnon sont en grande partie abattues.

En novembre 1914, une Kommandantur s'installe à Vermand et les officiers choisissent les maisons les plus cossues.

L'OCCUPATION ALLEMANDE

Fin 1915, les troupes cantonnées à Vermand se composent d'une compagnie du 87 ème régiment d'infanterie et d'une colonne d'artillerie d'une centaine d'hommes.

A Bihécourt, un dépôt de pétrole est installé près de l'Omignon, tandis qu'à Marteville ce sont des munitions.

Le chemin de fer Velu-Bertincourt-Vermand-Saint-Quentin fonctionne de façon intensive au service des allemands.

Au château de Marteville, cantonnent des aviateurs: il y a un parc d'aviation entre Villevêque et Caulaincourt. Autour de Vermand, on peut dénombrer deux terrains d'aviation.

A Pontru près de la ferme du Grand Priel, des aéroplanes stationnent sur un terrain d'aviation.

Le château de Caulaincourt est transformé en hôpital et un autre a été installé à Maissemy au château de Vadencourt.

La région est occupée et la population vit au rythme des troupes d'occupations avec réquisitions des hommes. Les habitants sont soumis aux ordres, règlements et organisation de l'occupant.

Des impositions sont faites auprès des Communes et des habitants: la commune de Vermand doit verser tous les 3 mois 9500 F ainsi que celle de Beauvois. A Maissemy, c'est 5 F par habitant.

Pour les besoins de la guerre et de l'armement, ce sont ensuite les métaux qui sont recherchés et réquisitionnés : la sucrerie d'Athies est démontée.

1916

Le 1 er juillet c'est le début de la bataille de la Somme avec l'offensive alliée vers Bapaume et Péronne. On dénombre de part et d'autre rapidement plus de 600 000 victimes. Les volontaires des forces britanniques participent aux combats.

Fin juillet les troupes britanniques progressent rapidement en direction de Péronne et s'emparent de Longueval. Puis avec l'aide des troupes françaises, Combles est occupé. Fin août, Maurepas est repris par les français.

Le 16 octobre, la Kommandantur installée à Athies annonce l'ordre d'évacuation de tous : le convoi s'ébranle et traverse Devise, Montescourt, Méreaucourt, Tertry, Caulaincourt et Vermand. De là avec des wagons à bestiaux et à marchandises, ils sont dirigés vers St Quentin.

Fin novembre on peut dire que la première bataille de la Somme est terminée.

LA LIGNE HINDENBURG

Le Haut Commandement allemand désire constituer une ligne de défense inviolable afin de paralyser les efforts des Alliés. Elle est connue sous le nom de ligne Hindenburg.

La ligne Hindenburg est formée de cinq zones opérationnelles (Stellungen, dont les noms sont tirés de la mythologie germanique ; du nord au sud : Wotan, Siegfried, Alberich, Brunhilde, Kriemhilde.

C'était un vaste système de défenses et de fortifications construit pendant l'hiver 1916-1917 par les allemands. La ligne s'étendait sur près de 160 km de Lens à l'Aisne près de Soissons.

Elle comprend quatre systèmes, dessinant ensemble un croissant dont la convexité est tournée vers Paris.  

  • Un premier système utilise les lignes d'eau ou les accidents de terrain. Il comprend cinq tranchées parallèles, protégées par des réseaux de fils de fer et que relient de multiples tranchés de communication, afin de cloisonner la défense.

  • Le second système, moins convexe que le premier et discontinu, prend appui, à droite, sur le camp retranché de Lille, et à gauche, sur la région fortifiée de Metz Thionville. Il est parallèle au premier depuis Lille jusqu'à hauteur de Saint-Quentin; puis, il se dirige ensuite vers les vallées de la Serre, de l'Aisne et les hauteurs de la Moselle.

  • Le troisième système, encore moins convexe que le second prend appui sur les deux camps retranchés. Il doit interdire l'accès des vallées de la Sambre et de la Meuse. Des prisonniers de guerre russes, anglais ou français sont astreints à ce travail pour l'achever rapidement, au mépris des lois internationales.

  • Le quatrième système, qui relie Valenciennes à Givet, par Maubeuge et Philippeville, est destiné à renforcer la défense des vallées de la Sambre et de la Meuse.

Cette ligne fortifiée passe à quelques kilomètres au nord et à l'est de Vermand. Les allemands ont fait des barrages sur l'Omignon entre Pontru et Tertry en vue d'inonder la vallée après avoir miné le pont de Vermand.

1917

En janvier 1917, les lignes avancées allemandes sont à quelques kilomètres à l'ouest de Vermand notamment à Athies. En février, sur la vallée de l'Ancre, les Allemands battent en retraite devant les Britanniques.

La population civile située dans la zone de repli est contrainte d'abandonner maisons, biens, champs, villages... le 3 décembre 1916, 600 personnes quittent Vermand. Le 15 février 1917, seconde évacuation de Vermand: les familles sont séparées. La Kommandantur se replie sur Holnon. L'activité de la ligne de chemin de fer Velu-Bertincourt est importante : la ligne a été doublée.

La route de Vermand à Caulaincourt est minée ainsi que les ponts de la rivière.

Le 17 février, l'évacuation de Vermand est terminée et déjà le village de Maissemy est en feu : les troupes allemandes après leur évacuation, détruisent tout après avoir récupéré ce qui  leur semble intéressant: métal, meubles, œuvres. d'art... Maisons, églises, écoles, usines sont dynamitées ou incendiées; les arbres sciés.

Alors dans les villages, on dit qu'il n'est resté que quelques maisons debout : à Athies une ou deux, à Vermand une seule... Des reconnaissances aériennes parlent de 70 localités en flamme à l'ouest de la ligne Péronne-Vermand-St Quentin-La Fère... Sur Pontru, la vallée de l'Omignon est inondée avec l'eau du canal...

Le 17 mars, les troupes britanniques entrent dans Chaulnes et Péronne. Petit à petit l'ensemble du Secteur de l'Omignon est libéré.

LE CHEMIN DES DAMES

Au chemin des Dames, le 16 avril, l'offensive de Nivelles se révèle très meurtrière : elle entrainera des révoltes au sein de l'armée française. Les mutineries dans l'armée française concernent 68 des 112 divisions: 629 soldats seront jugés et condamnés et 50 d’entre eux seront exécutés.

Le 15 mai suite à l'échec de l'offensive Nivelle au Chemin des Dames, Philippe Pétain devient commandant en chef des armées françaises après la démission de Nivelle.

Le 24 octobre, Pétain lance une offensive contre le fort de la Malmaison, au nord de Soissons ce qui permet la reconquête du secteur nord-ouest du Chemin des Dames.

DES EVENEMENTS IMPORTANTS

Tout d'abord, c'est la Révolution russe et l'écroulement de la Russie qui se manifestent militairement par l'armistice du 3 décembre 1917, les traités de Brest-Litovsk du 9 février avec ka Pologne et celui du 3 mars avec la Russie.

La déclaration de guerre des États-Unis d'Amérique à l'Allemagne, lancée le 3 avril 1917.

1918

Dés la fin de 1917, les britanniques sont face à la ligne de repli de l'armée allemande, la ligne Hindenburg.

Le 21 mars débute la bataille de Picardie, l'offensive allemande contre les Britanniques entre Arras et Fère en Tardenois : trois armées allemandes attaquent sur un front de 90 km. Très rapidement le front est enfoncé, Vermand est repris ainsi que la vallée de l'Omignon. Le front se stabilisera sur une ligne Montdidier Albert.

Le 26 mars, l'unité de commandement des troupes britanniques et françaises est confiée au Général Foch.

La contre-offensive alliée débute le 28 mai avec la reprise u Village de Cantigny par la première division américaine.

Les Allemands atteignent la Marne à Château-Thierry le 30 mai. Le 9 juin nouvelle offensive allemande sur Montdidier, Noyon et Compiègne. Le 8 août, victoire des alliés sur la Somme.  Le 8 septembre le front allié est à l'ouest de Vermand. Les Anglais ont avancé leur ligne dans la direction d'Attilly et de Vermand. L'ennemi a violemment attaqué les positions de nos alliés, sur la crête ouest de Gouzeaucourt. L'attaque a été complètement repoussée, sauf sur un point où les Allemands ont pris un petit poste. Les Anglais ont progressé au sud et au nord du bois de Holnon (région de Saint-Quentin). Ils ont pris le village de Maissemy, et le système de tranchées situé au sud-est et à l'est du village. Ils ont capturé 100 prisonniers et des mitrailleuses. Très rapidement jour après jour, Trefcon, Caulaincourt, Vermand, Maissemy, Pontru sont délivrés. Cependant la vallée de l'Omignon et Vermand restent sous les tirs d'obus de canons à longue portée.

A partir du 18 septembre on peut dire que la ligne Hindenburg est percée. En quelques semaines, la poche de St Quentin à Montdidier et Albert est résorbée.

Fin septembre, la ligne de Hindenburg est brisée.

L'ARMISTICE

La signature de l’armistice  a lieu le 11 novembre à 5h15. Elle marque la fin des combats et la capitulation de l’Allemagne. Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l’ensemble du pays des volées de cloches annonçant la fin d’une guerre.

Les généraux allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé du général Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Le 11 novembre, l’armistice est signé, pour une durée de 36 jours. À la suite de cet armistice est signé le traité de Versailles, le 28 juin 1919.